Patrick Paillet - Derniers chasseurs, derniers artistes ? L'art du Paléolithique final

Par Patrick Paillet
17h30 (au cinéma Uxello à Vayrac)

            

 

À l’heure où l’on s’interroge sur notre responsabilité dans le changement climatique qui affecte la planète, il est utile de se retourner vers le passé pour analyser les modalités d’adaptation des sociétés au stress environnemental imposé par la nature à la fin de la dernière glaciation. Entre environ 15 000 et 11 500 ans avant le présent, l’Eurasie est le théâtre d’une succession de variations climatiques, prélude de l’interglaciaire actuel et du réchauffement de nos latitudes. Ces changements de grande ampleur engendrent des transformations environnementales que l’on observe sur la végétation et les communautés animales qui se recomposent et dont les aires de répartition se réorganisent. Les sociétés humaines n’échappent pas à ce stress auquel elles apportent des réponses culturelles. Les comportements techniques et de subsistance évoluent pour s’adapter aux nouvelles contraintes. Les systèmes de représentations symboliques se transforment. Ainsi, en passant d’une Préhistoire du froid au Paléolithique récent à une Préhistoire tempérée au Mésolithique, les sociétés montrent de grandes capacités de résilience. Les comportements symboliques, notamment dans le registre de l’art, constituent une source documentaire précieuse sur ces sociétés. L’évolution des systèmes de représentation, en particulier entre le Magdalénien et l’Azilien, est exemplaire de la diversité des trajectoires et des adaptations paléolithiques, différenciées selon les milieux et les territoires. Les changements environnementaux et sociétaux de la fin du Tardiglaciaire entraînent la disparition d’une partie des productions techniques et symboliques du monde magdalénien. Durant l’Azilien, on considère ainsi que les expressions graphiques sont essentiellement abstraites ou géométriques et qu’elles investissent des supports bruts (galets de rivière) ou peu élaborés (fragments osseux). Pourtant, l’art figuratif se maintient encore discrètement dans les premiers temps de l’Azilien, comme nous le montrent les productions de Gouy (Seine-Maritime), Pincevent (Seine-et-Marne), Murat et Pégourié (Lot), Rochereil (Dordogne), Gay (Ain) et du Rocher de l’Impératrice (Finistère). 

 

Patrick Paillet est Docteur en Préhistoire et Maître de conférences du Muséum national d’Histoire naturelle. Plasticien, puis Préhistorien de formation, il s’est spécialisé dans l’étude des comportements et représentations symboliques des hommes modernes de la Préhistoire, notamment dans leurs expressions graphiques et plastiques. L’art rupestre et pariétal (sites à l’air libre, sous abris et grottes ornées) et l’art mobilier préhistoriques (objets ornés) constituent son quotidien de chercheur. Il explore aujourd’hui les relations homme-animal dans le champ des représentations, après avoir développé une approche naturaliste du bestiaire paléolithique.

Direction de programmes de recherche nationaux (Projet collectif de recherche) et internationaux (programme ANR).

Directeur-Adjoint de l’équipe Comportements des Néandertaliens et des Hommes anatomiquement modernes replacés dans leur contexte paléoécologiquede l’UMR 7194 Histoire naturelle de l’Homme préhistorique, Département Homme-Environnement, MNHN.

Enseignant au Muséum et dans les universités de Paris 1, Paris 4 et Perpignan.

Membre de la Commission Nationale du Patrimoine et de l’Architecture pour la section des grottes ornées (Ministère de la Culture). Membre du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques (CTHS) dans la section Pré- et Protohistoire. Membre de la Commission « art préhistorique » de l’Union International des Sciences Préhistoriques et Protohistoriques. Membre des comités éditoriaux des revues scientifiques Gallia-Préhistoire et Paléo. Commissaire scientifique du parcours permanent du Musée de l’Homme.

 

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Lieu: Cinéma l'Uxello à Vayrac

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